Les verbes du 2e groupe au présent de l’indicatif suivent tous le même schéma de conjugaison : radical + terminaisons en -is, -is, -it, -issons, -issez, -issent. Cette régularité devrait en faire les verbes les plus simples à apprendre. Les erreurs persistent pourtant, notamment la confusion avec certains verbes du 3e groupe qui se terminent aussi en -ir.
Verbes du 2e groupe et code-switching : le piège des enfants bilingues
Les méthodes classiques de mémorisation partent d’un principe implicite : l’élève pense en français quand il conjugue. Pour un enfant bilingue qui alterne entre deux langues au quotidien, ce postulat ne tient pas.
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Le code-switching, ce passage spontané d’une langue à l’autre au sein d’une même phrase, modifie la façon dont le cerveau traite les terminaisons verbales. Un enfant qui parle arabe et français à la maison, ou portugais et français, va parfois plaquer des logiques morphologiques de sa langue maternelle sur la conjugaison française.
La difficulté spécifique aux verbes du 2e groupe vient de l’infixe -iss- au pluriel. Cette particularité n’existe dans aucune autre langue romane sous cette forme exacte. Un enfant hispanophone qui maîtrise les verbes réguliers en -ir en espagnol ne retrouve pas cet allongement du radical au pluriel, ce qui crée une interférence.
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Pour intégrer le code-switching comme levier pédagogique plutôt que comme obstacle, une approche consiste à nommer explicitement la différence. Dire à l’enfant : « En français, le verbe grandit au pluriel, il prend -iss- » en comparant avec l’équivalent dans sa langue dominante permet de créer un ancrage contrastif. Les retours d’orthophonistes confirment que nommer la différence entre les deux langues réduit les confusions plus efficacement que la simple répétition.
Terminaisons des verbes en -ir au présent : le test qui tranche
Avant de mémoriser les terminaisons, il faut savoir identifier un verbe du 2e groupe. Le test est simple : conjuguer le verbe à la première personne du pluriel. Si « nous + radical + issons » fonctionne, le verbe appartient au 2e groupe.
- Finir donne « nous finissons » : c’est un verbe du 2e groupe, la forme sonne juste et existe
- Partir donne « nous partissons » : cette forme n’existe pas, partir appartient au 3e groupe
- Choisir donne « nous choisissons » : 2e groupe confirmé, le test fonctionne
Tous les verbes du 2e groupe partagent les mêmes terminaisons, sans exception. C’est le seul groupe de la conjugaison française où la régularité est totale au présent de l’indicatif.
| Personne | Terminaison | Exemple (finir) |
|---|---|---|
| Je | -is | je finis |
| Tu | -is | tu finis |
| Il/elle | -it | il finit |
| Nous | -issons | nous finissons |
| Vous | -issez | vous finissez |
| Ils/elles | -issent | ils finissent |
Le singulier ressemble aux verbes du 1er groupe (-e, -es, -e devenant -is, -is, -it). La vraie différence se joue au pluriel avec l’apparition du -iss- entre le radical et la terminaison.
Méthode mnémotechnique pour conjuguer les verbes du 2e groupe
La phrase mnémotechnique la plus efficace pour retenir les terminaisons du pluriel circule dans les cabinets d’orthophonie : « Finir comme un phénix : issons dans le pluriel. » L’image du phénix qui grandit au pluriel colle à la mécanique du 2e groupe, où le verbe s’allonge avec -iss-.
Des retours d’orthophonistes indiquent que cette méthode réduit significativement les erreurs d’écriture chez les enfants dyspraxiques après une dizaine de sessions de travail. Le support visuel (dessiner un phénix qui grandit) ancre la règle mieux qu’une récitation mécanique.
Pour le singulier, une astuce plus directe fonctionne : au présent, les trois personnes du singulier se terminent par le son « i ». Je finis, tu finis, il finit. La seule variation concerne la lettre muette finale : -s, -s, -t. Ce schéma est identique à celui de beaucoup de verbes du 3e groupe (je pars, tu pars, il part), ce qui facilite la mémorisation croisée.
Podcasts audio ou flashcards : quel support pour mémoriser la conjugaison
Le choix du support de révision n’est pas anodin. Les données disponibles suggèrent une supériorité des podcasts audio sur les flashcards visuelles pour les apprenants auditifs, avec une mémorisation plus stable des terminaisons -issons et -issez, notamment chez les élèves de CM1.
En revanche, les flashcards gardent leur intérêt pour les profils visuels et pour le travail en autonomie. Les applications d’espacement adaptatif, de plus en plus utilisées par les enseignants du primaire depuis 2024, combinent les deux approches en proposant des quizzes ciblés sur les verbes en -ir.

Évaluation diagnostique des verbes du 2e groupe : ce que changent les programmes scolaires
Les programmes scolaires 2025-2026 prévoient une évaluation diagnostique des verbes du 2e groupe dès la fin du CE1. L’objectif est d’identifier tôt les élèves qui confondent 2e et 3e groupe, pour adapter les remédiations avant que les erreurs ne se cristallisent.
Cette évolution traduit un constat partagé par les enseignants : la confusion entre « je finis » (2e groupe) et « je pars » (3e groupe) s’installe dès le cycle 2 et résiste ensuite aux corrections tardives. Diagnostiquer tôt permet d’intervenir quand la plasticité d’apprentissage est maximale.
Pour les parents qui accompagnent les révisions à la maison, le test « nous + issons » reste le réflexe à installer en priorité. Si l’enfant sait vérifier seul qu’un verbe appartient au 2e groupe, la conjugaison suit naturellement puisque les terminaisons sont identiques pour tous les verbes de ce groupe.
- Rougir, grandir, réussir, choisir, obéir : tous suivent exactement le même patron de conjugaison au présent
- Haïr est le seul verbe du 2e groupe qui présente une irrégularité (perte du tréma au singulier du présent)
- Les verbes comme dormir, mentir, sentir se terminent en -ir mais appartiennent au 3e groupe : le test « nous dormissons » échoue
La régularité du 2e groupe est un atout pédagogique rare en conjugaison française. Une fois le mécanisme d’identification acquis, la mémorisation des formes conjuguées demande moins d’effort que pour n’importe quel autre groupe. Le vrai travail porte sur le tri initial : savoir distinguer un verbe du 2e groupe d’un verbe du 3e groupe en -ir, et pour les enfants bilingues, désactiver les réflexes morphologiques de l’autre langue au moment de conjuguer.

